Pensées d'Epictète, acte IX
Voici la dernière pensée d'Epictète sur l'importance de prendre ses responsabilités dans la vie.
Bonne lecture,
Dr Alexandre Emery
Etat et caractère de l'ignorant : il n'attend jamais de lui-même son bien ou son mal, mais toujours des autres.
Etat et caractère du philosophe : il n'attend que de lui-même tout son bien et tout son mal.
Signes certains qu'un homme fait du progrès dans l'étude de la sagesse : il ne blâme personne, il ne loue
personne, il ne se plaint de personne, il n'accuse personne, il ne parle point de lui comme s'il était quelque
chose ou qu'il sût quelque chose. Quand il trouve quelque obstacle ou quelque empêchement à ce qu'il veut, il
ne s'en prend qu'à lui-même. Si quelqu'un le loue, il se moque en secret de ce louangeur, et, si on le reprend, il
ne cherche pas à se justifier ; mais, comme les convalescents, il se tâte et s'observe, de peur de troubler et de
déranger quelque chose dans ce commencement de guérison, avant que sa santé soit entièrement fortifiée. Il a
supprimé en lui tout désir, et il a transporté toutes ses aversions sur les seules choses qui sont contre la nature
de ce qui dépend de nous. Il n'a pour toutes choses que des mouvements peu empressés et soumis. Si on le
traite de simple et d'ignorant, il ne s'en met pas en peine. En un mot, il est toujours en garde contre lui-même
comme contre un homme qui lui tend continuellement des pièges et qui est son plus dangereux ennemi.
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